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Peinture, dessins
> catalogue de peintures L’œuvre de Daoud est authentique. Il est de ces artistes qui donnent à réfléchir et nous aident à rester debout, en dépit du malheur, de l’absurdité et du chaos. De son histoire, partagée entre la France et le Liban et marquée par la foi, naît une peinture sincère, très personnelle. Des ports et des gares pour dire le voyage, l’éloignement, l’absence. Des portraits pour retenir ceux qui sont chers. Des instantanés pour inscrire l’éphémère dans l’éternité. Face à la complexité et la violence de l’histoire de son pays, Daoud a quitté le Liban à l’âge de 11 ans. Son don pour le dessin et la peinture se révèle précocement et confirme très jeune son projet de peinture. C’est à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris et à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs qu’il se forme, notamment auprès du grand sculpteur Charles Auffret, lui-même formé par l’école de Rodin à travers les élèves du maître. Suite à cette solide formation et après des années de travail, viennent alors la reconnaissance du public et l’obtention de plusieurs prix. Comme beaucoup d’artistes Libanais, il témoigne aujourd’hui, à travers son travail, de la douleur et de la richesse de son histoire et de ses origines. |
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Daoud ou la peinture en exil
Brigitte Camus, critique d’art et journaliste
Daoud est un vrai peintre : ces mots prennent sens en ce siècle où triomphent parfois des discours réducteurs proclamant de façon récurrente la mort de la peinture. Mais l’histoire de l’art, comme l’histoire, procède par cycles. En ce début d’année, même Jean-Pierre Raynaud, chantre de l’art conceptuel s’il en est, met la peinture, non pas au ban, mais sur le devant de la scène dans sa nouvelle exposition.
Daoud applique à la lettre – au pinceau plutôt – la maxime de Maurice Denis : « se rappeler qu’un tableau c’est d’abord une surface plane avec des couleurs et une composition à ordonner ». Daoud, jeune artiste qui fait déjà preuve d’une grande maturité, est aussi et surtout un bon peintre qui se pose des questions fondamentales sur la construction, les harmonies, le traitement de la lumière, le réel en peinture, le rapport entre abstraction et figuration… Des problématiques picturales de peintre. Il tente d’y répondre, à sa manière. Avec sincérité, constance. Qu’il s’agisse de paysages ou de portraits, il aime être saisi par l’émotion et la vérité de son sujet, ce qui ne l’empêche pas de se livrer à un intense travail de maturation mentale. « J’ai besoin de visualiser mon tableau dans ma tête et de l’écrire dans mon esprit avant de me mettre à peindre », aime-t-il à souligner. Pour autant, les tâtonnements font bien évidemment partie du processus de création : « je gâche beaucoup, un tableau réussi est une somme de peintures cachées qui n’ont pas abouti », explique cet artiste qui aime se référer aux grands maîtres, aux Primitifs et à Rembrandt. De fait, sa formation et son parcours le prédisposent à une inclination vers une certaine tradition avec des références empreintes de classicisme. L’Ecole des Beaux-Arts, les Arts décoratifs à Paris sous l’aile du sculpteur Charles Auffret, et des prix glanés au cours de ses expositions jalonnent son parcours. Mais, comme tous les artistes qui ont choisi de suivre leur chemin sans se soucier des modes et des tendances, Daoud gagne, au fil des toiles, en épaisseur : ses portraits sont de la race des « Grands ». la psychologie le dispute à l’absence de complaisance, ce qui donne un mélange surprenant de Soutine et de Manet, mâtiné d’un soupçon d’expressionnisme. Surprenant. Les natures mortes et les paysages traduisent surtout le régal et la jouissance de peindre tandis que les compositions sur le thème de l’atelier de l’artiste son autant de variations sur le métier et les états d’âme du peintre qui accepte « d’exposer » son intimité.
Autre bonheur, la variété des traitements picturaux qui laisse place à une matière tantôt fluide et lisse, tantôt frémissante ou spontanée. Parfois de larges coups de brosse réservent la toile. Les bouquets de fleurs sont d’une élégance raffinée qui s’oppose à la manière plus rude des zones portuaires nimbées de gris brunâtres. Dans ces constructions, la palette de gris colorés de Daoud, ponctuée d’infimes rehauts de couleur, apparaît, d’une certaine façon, très proche de celle des artistes de l’Ecole de Paris, marquée du sceau de la tristesse. A l’instar de ces peintres exilés à Paris au début du XXe siècle, Daoud exprime ses fêlures et son sentiment de solitude. Artistes libanais, exilé en France, il nous rappelle que le pays le plus difficile à apprivoiser est celui qui permet de vivre en étant soi-même et en laissant s’exprimer le « sublime qui l’habite ». Daoud : l’œuvre et son esthétique Daoud fait partie des peintres qui privilégient le lien, la continuité, la poursuite de « l’Œuvre » sans être pour autant servilement passéiste car le questionnement de ce qu’est l’art demeure sans cesse présent. L’émotion face au vivant ou le bonheur de peindre Il s’agit de « garder le fil de l’émotion » selon ses mots et de fait, l’émotion est là, et dans la matière et dans la manière de traiter son sujet. Il y a toujours cette perspective de rendre la vie dans ce qu’elle a de plus touchant, de plus prenant, y compris, et c’est ce qui est merveilleux, dans l’acte de peindre lui-même. On parcourt dans ses toiles les détails du sujet en même temps que les détails saisissants de la matière qui vibre avec la touche tracée dans le raffinement de la couleur et de la lumière. De détails en détails, s’installe un état de complétude, d’harmonie, qui fait accéder à la vision d’ensemble. C’est son bonheur de peindre que l’on sent, que l’on voit sur la toile. Il fait partie de ceux qui, à leur manière, avancent contre le malheur, l’absurdité, le chaos et la violence, brandissant la quête d’une certaine idée du « Beau » dont il se sent investi comme un antidote. C’est donc parmi cette famille d’artistes-là que l’on découvre, émerveillés, le travail de ce peintre à travers des toiles où sa captation singulière de la lumière suspend le temps. Créer le mystère étrange du « déjà vécu » et du « jamais vu » Il y a chez lui une recherche longuement mûrie à la lumière des grand, à rendre vibratoire sa matière, sa « texture onctueuse » encore d’après ses mots, sa couleur selon une palette personnelle et immédiatement reconnaissable, la qualité de la lumière et la profondeur des ombres qui nimbent chaque toile du mystère étrange du « déjà vécu » et à la fois du sentiment du « jamais vu ». C’est ainsi qu’il nous transporte dans un au-delà magique dans lequel on pénètre, l’élaboration savante de la construction y veillant, avec un sentiment d’entrer dans la peinture, de n’être plus que la peinture. Ce sont des toiles où l’on sent une qualité de silence, de concentration, de solitude dans la contemplation, qui nous permet d’aller loin, au-delà de l’apparence. Qu’il s’agisse de ses paysages de nature, de ses forêts, de ses mers, de ses ports, de ses vues d’atelier, de ses natures mortes, de ses portraits, il cherche à rendre la vibration du vivant et la résonance avec les êtres vibrants que nous sommes, afin de nous faire entrer dans l’instant transcendé. « Jamais rien d’anecdotique » pour reprendre ici encore ses termes, car si le réel est en permanence le sujet, la toile elle, nous amène toujours au-delà et c’est là sa puissance. Elle nous emmène devant le sentiment de la vie, de la vie dans ce qu’elle est et dans ce qui nous permet de nous dépasser en elle. Il y a donc une démarche que l’on peut qualifier de « spirituelle » dans le sens où le peintre vise à rendre, dans un sentiment de gratitude, les instants de grâce de la vie, ces moments où l’on s’élève, fut-ce avec la conscience du mélancolique ou du douloureux. Au final, il y a dans cette peinture l’acte fondateur qui fait de l’art une expérience fondamentale : expérience où l’œuvre semble contenir en elle toute l’ampleur de la vie, et qu’à travers sa contemplation, il nous semble l’étreindre dans son entier. Si l’on considère que l’art c’est cela, un soupir ample devant cette captation du vivant, cette respiration profonde et vibrante comme une réconciliation durable face au chaos, alors Daoud est incontestablement un authentique artiste, de ceux qui aident à vivre la vie. Expositions 1996 . Exposition personnelle « Natures mortes », interclubs 17, Paris 1997 . Salon des artistes, Paris 2003 . Salon d’Automne, L’Isle Adam (95) 2004 . « Entre ciel et terre », Soisy sous Montmorency (95) 2004 . Exposition pour le prix du portrait à l’Académie des Arts de l’Institut de France 2005 . Exposition personnelle, château de Grouchy, Osny (95) 2005 . Exposition, Manoir des Colombières, Auvers-sur-Oise (95) 2006 . Salon des Arts Créatifs, Pontoise (95) 2006 . Galerie de l’Escarpolette, Port Navalo (56) 2007 . Exposition avec les œuvres de Jongking sur le paysage d’aujourd’hui, Charenton-le-Pont (94) 2007 . Exposition personnelle, Maison du Passeur, Herblay (95) 2007 . Exposition personnelle, Théâtre Roger Barat, Herblay (95) 2007 . Galerie La Fontaine des Arts, Herblay (95) 2008 . Exposition personnelle, galerie des Arches, Paris 3e 2009 . Exposition, Auvers-sur-Oise (95) Récompenses 1999 . Premier prix de dessin du magazine « Regards » 2003 . Prix de l’Isle-Adam pour une œuvre exposée au Musée Lartigue |