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10 janvier 2010
La sculpture et quelques déclinaisons ...
                                    
La sculpture et quelques déclinaisons

S’il est une technique vaste et prolixe en art, c’est certainement celui de la sculpture. L’homme sculpte depuis la nuit des temps et l’artiste cherche depuis toujours les matériaux les plus aptes à rendre au mieux les subtilités de la forme. La terre, le bois, le bronze chaque médium nous donne à voir un art et des techniques singulières.

> La terre cuite
L’argile, ou glaise, est le premier matériau que l’homme a employé. Tout d’abord en terre crue, pour modeler des objets, son usage était très répandu.

Présente en abondance dans la nature, elle est facile à extraire. Elle est composée de minéraux argileux, comme la kaolinite, la montmorillonite, l’illite , de quartz et de feldspath ainsi que d’autres minéraux.

La préparation de la pâte argileuse pour la sculpture est une opération très importante parce que sa qualité influe considérablement sur le résultat final. Après avoir extrait les terres de leur gisement, on doit les compresser, les laver, les laisser décanter, éventuellement corriger leur composition par ajout de divers minéraux, pour obtenir la consistance idoine.

La terre installée sur une sellette , le modelage se fait à la main, à l’aide de divers instruments, comme ébauchoirs, spatules et mirettes, sur une armature de fer et de bois, trépied ou chevalet, qui soutient le poids de l’argile. On peut aussi la modeler au moyen de moules, généralement en plâtre et enduits intérieurement d’une substance visqueuse, comme du savon, qui facilite le démoulage : on presse alors la glaise dans le moule avec les doigts et on la retire de la forme avant sa dessiccation complète pour permettre les finitions et d’éventuelles modifications.

Puis on laisse l’œuvre sécher complètement et on la cuit à une température de 750 à 950°C.
Après la cuisson et le refroidissement, l’œuvre peut être décorée avec des couleurs à la détrempe ou soumise à une ou plusieurs cuissons pour le vernissage ou l’émaillage .


> La pierre
La pierre est l’un des matériaux les plus utilisées par l’homme dans la production artistique de toutes les époques : en pierre sont les Vénus préhistoriques, les copies romaines des statues grecques, les chefs-d’œuvre de Michel-Ange et du Bernin, et nombre des monuments que nous voyons quotidiennement sur les places de nos villes.

Les roches les plus importantes employées dans la sculpture sont les calcaires métamorphisés, c’est-à-dire les marbres blancs, d’une dureté moyenne et à la structure cristalline, particulièrement utilisés dans la sculpture occidentale de l’Antiquité à nos jours.

D’autres matériaux importants sont ceux qui appartiennent au groupe des roches éruptives, comme les porphyres (pierre veiné rouge) les basaltes, les granites, plus durs, et enfin les roches d’origines sédimentaires, les plus tendres, les calcaires, comme le tuf, les grès, le travertin.

Le travail de la pierre s’effectue toujours en taille directe ; il consiste à enlever de la matière au moyen au moyen de burins, gouges, gradines et ciseaux maniés avec marteaux et maillets. Il n’est donc pas possible de revenir en arrière et de corriger, sinon en procédant à des ajours. C’est pourquoi le sculpteur prépare généralement un modèle ou un patron de l’œuvre à réaliser, lequel peut être un simple croquis, comme pour les bas-reliefs et sculptures égyptiennes et mésopotamiens, ou plus fréquemment une maquette (modelo) réalisée en terre cuite ou en cire, de petites dimensions, et dont on reporte les mesures à plus grande échelle sur un bloc de pierre à l’aide de compas et de repères forés au trépan. L’artiste peut se borner à réaliser un plâtre et déléguer l’exécution du marbre à un praticien.

On peut voir tous les stades de la réalisation d’un marbre au musée Rodin, à Paris, et dans l’atelier du sculpteur, à Meudon.


> La fonte à cire perdue
La fonte à cire perdue est la façon la plus efficace de réaliser des sculptures et des objets de toute taille. L’alliage le plus utilisé pour cette fonte est le bronze, constitué de cuivre et d’étain en proportions variables.
L’alliage de cuivre et de zinc, le laiton, d’une fusion facile, est caractérisé par une belle couleur jaune d’or.

Pour les petits objets, ce sont des fontes pleines (massives), tandis que, pour les ouvrages plus importants, on place un noyau central en matériaux réfractaires. Dans ce cas, la première opération consiste à réaliser un modèle en cire sur un noyau de terre soutenu par une armature en fer. Ce modèle est ensuite préparé par la fonte : on fixe des jets pour la coulée du métal, des évents pour l’échappement des gaz et des égouts pour l’évacuation de la cire fondue. Le tout est enserré dans le moule de potée en matériaux réfractaires, fortement consolidé. Au four, la chaleur fait fondre toute la cire, qui sort par les égouts, laissant la place libre pour la coulée du bronze par les jets : épousant l’empreinte laissée par la cire, le métal reproduit le modèle à la perfection.

La sculpture, ensuite, devra être dégagée du moule (décochage) et subir les dernières opérations, dites de réparage (on lime jets et évents), puis de finition; enfin, on peut patiner la pièce.
Ce procédé donne un exemplaire unique puisque le modèle original (cire) est détruit au cours de la fonte.

> La fonte au sable
La fonte au sable est une technique de fonte particulièrement utilisée pour les figures d’appliques, les médaillons à une seule face ou encore les plaques de cheminée en fonte de fer.
Le modèle original est imprimé à plat dans un sable réfractaire tassé dans un châssis. Cette opération réitérée permet d’obtenir des multiples d’un même original. Pour obtenir des pièces de forme, on utilisera plusieurs contre moules dans plusieurs châssis.

Les éléments seront ensuite montés entre eux et fortement maintenus avant de procéder à la fonte.

Cette technique comporte des limites : pour réaliser un objet en ronde-bosse, il est nécessaire de le fondre en plusieurs morceaux séparément, qui doivent être ensuite assemblés par rivetage et soudage ; et la fonte au sable donne des exemplaires imparfaits, de qualité moyenne, sans la finesse de modelé d’une fonte à cire perdue.

L’utilisation de la fonte au sable est bien documentée depuis le début du XVIe siècle ; elle s’affirme comme procédé quasi industriel à partir du XVIIIe siècle, et en particulier au XIXe siècle pour la fabrication de petits bronzes destinés à la décoration du mobilier.



22 novembre 2009
La gravure
en deux mots...
                                    
La gravure

La gravure est l’art de dessiner un trait sur une surface dure en utilisant des méthodes adaptées, en creusant ou en incisant la surface. Une gravure est un terme générique qui est tout autant une technique que son résultat. C’est une des formes les plus antiques d’expression artistique et, depuis toujours c’est une technique fondamentale dans le domaine des arts appliqués, de l’orfèvrerie, et de la numismatique.

Nous nous arrêterons plus précisément sur les applications de la gravure dans le domaine des arts appliqués.
Il existe plusieurs procédés :

-La gravure manuelle qui utilise un outil : le burin, la pointe sèche, la gravure sur bois, la manière noire, la xylographie…

-La gravure manuelle qui utilise un mordant (un acide) : l’aquatinte, le vernis mou, la manière au crayon, la gravure au sucre.

-La gravure en à-plat : la sérigraphie, la lithographie.

-La gravure par encrage : le pochoir, le monotype, qu’on peut aussi appeler estampe (une estampe étant au départ un terme générique incluant le résultat d’une gravure sur bois ou métal). On peut s’arrêter sur cette définition : « Sont considérées comme gravures, estampes et lithographies originales les épreuves tirées en noir ou en couleurs, d’une ou plusieurs planches, entièrement conçues et réalisées à la main par le même artiste, quelle que soit la technique employée, à l’exclusion de tous procédés mécaniques ou photomécaniques. »( texte de loi de 1967 reprenant la définition du Comité de la Gravure française de 1936).

-La gravure mécanique : le cliché verre, le timbrage.

> Qu’est ce qu’un monotype ?
Le monotype est un procédé de gravure (ou d’estampe) par encrage qui consiste donc à encrer un support en métal imperméable avec une peinture à l’huile ou avec de l’aqualaque. Le support n’est pas incisé . La plaque peinte est ensuite placée sous la presse avec une feuille de papier qui reçoit l’épreuve. Comme son nom l’indique, le monotype est un tirage unique qui ne permet pas plusieurs épreuves.

> Qu’est ce qu’une eau forte ?
D’ « aqua fortis », terme désignant l’acide nitrique. La plaque (ou matrice) est d’abord enduite d’un vernis de protection, puis noircie par la fumée. Sans avoir besoin d’appliquer une pression importante, le graveur trace le motif à l’aide d’une pointe qui raye ce fragile vernis. Le cuivre mis à nu est ensuite creusé par l’acide là où le vernis a été retiré. Les traits du motif sont alors obtenus en creux sur la plaque. Cette technique, qui ne nécessite pas un long apprentissage, de type artisanal, est très employée par les peintres-graveurs.

> Qu’est ce qu’une lithographie ?
Inventée en 1798 par Aloys Senefelder, il ne s’agit pas d’une technique de gravure en creux mais d’une technique dite à-plat, basée sur l’antagonisme de l’eau et des corps gras. L’artiste dessine le motif au crayon, à la plume ou au pinceau sur un bloc de pierre (généralement calcaire de Bavière) avec une encre grasse. Au moment de l’impression, la pierre est humidifiée profondément. L’eau, repoussée par le gras de cette encre, ne se dépose que dans les espaces laissés vierges par le motif. La pierre est ensuite encrée pour l’impression. L’encre étant grasse, elle ne se dépose que dans les espaces qui ne sont pas imbibés par l’eau. Le motif apparaît alors recouvert de cette encre d’impression. Au cours du passage lithographique, le papier reçoit un report du motif inversé.

> Qu’est ce que l’aquatinte ?
Autre technique de gravure chimique, l’aquatinte permet non pas d’obtenir des traits mais une teinte de surface qui évoque un lavis d’encre. Le graveur dépose sur la plaque une poudre de résine de colophane ou de bitume de Judée. Cette poudre adhère à la surface du cuivre chauffé. Lorsque la plaque est mise au contact de l’acide, les grains de résine forment une couche de protection et l’acide ne peut attaquer le cuivre qu’entre les grains. Les parties sur lesquelles le graveur ne désire pas appliquer d’aquatinte sont préalablement protégées de vernis appliqué au pinceau. La morsure de l’acide crée des aspérités de surface qui retiennent l’encre et produisent, à l’impression, une zone plus ou moins sombre, de texture poudreuse.


20 septembre 2009
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Titien, Véronèse et Tintoret

du 17 septembre au 4 janvier 2010
Musée du Louvre

C’est le Louvre qui crée l’événement artistique de ce début d’année, en exposant trois des plus grands peintres de renom du siècle d’or vénitien : les plus fastueuses toiles de Titien, Tintoret et Véronèse s’y sont donné rendez-vous pour une rétrospective sur l’évolution de la peinture à cette époque trouble qu’est le XVIème siècle à Venise. En effet, la ville doit faire face à des bouleversements politiques, économiques et religieux majeurs avec le raz-de-marée que va être la Contre-Réforme, qui bouscule dans ses fondements intimes les modes de pensée de la société italienne et vénitienne.
 
L’exposition, à travers près de quatre-vingt-cinq prestigieuses toiles prêtées par les plus grands musées du monde, retrace le parcours chaotique mais collégial des trois grands artistes.
Soulignant la singularité de chacun, elle met en exergue comment les trois artistes se sont réciproquement influencés.  De fait, malgré la suprématie tacite que Titien maintint sur Tintoret et Véronèse, l’admiration et l’influence entre eux trois étaient  évidentes.
 
On peut ainsi voir l’évolution de cette école luministe avec la vigueur et l’élégance qui la caractérise jusqu’à l’arrivée du maniérisme qui bouleversera totalement l’expression artistique de l’Italie du XVIème.

Bérengère Chamboissier


28 juillet 2009
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Né dans la rue -Graffiti-

du 21 juillet au 29 novembre 2010
Fondation Cartier pour l’art Contemporain.

La Fondation Cartier, comme à son habitude, sort des sentiers battus en accueillant jusqu’au 29 novembre une exposition singulière sur le graffiti et le street art.
 
Le mouvement artistique du graffiti, synonyme d’urbanité, de jeunesse et d’anti-conformisme, prend racine dans le New-York interracial des années 1970. Ce courant prend très vite une ampleur considérable pour s’étendre sur  les murs de béton de toutes les grandes métropoles européennes.
 
Ce qui est cocasse et fortement révélateur de l’évolution des mentalités  est le regard porté par les contemporains sur le street art.  Qui en effet aurait ainsi pu prévoir un tel engouement  sur le graffiti ? De fait, pendant longtemps, le graffiti fut synonyme de vandalisme, les supports employés (murs, bus, trains, caves …) n’étant pas destinés à devenir «œuvres d’art». L’amalgame fut donc vite fait avec un passe-temps ludique de jeunes en manque d’expression, avec l’incivisme d’une mauvaise graine traînant  dans les rues sombres.
 Majoritairement illégal, très souvent décrié, le tag  reste massivement un catalyseur de la voix de la rue, moyen subversif, visuel et coloré, permettant le plus souvent à une jeunesse muselée de s’exprimer politiquement, socialement et artistiquement.
Mais très rapidement  ce moyen d’expression underground va devenir un art très largement apprécié, cristallisant toute une culture décalée, brassant la musique  hip-hop, des codes vestimentaires et sociaux particuliers révélateurs des années 70-80, bref tout un pan d’une contre-culture en quête d’autres idéaux.
Ces dernières décennies ont vu le graffiti gagner ses lettres de noblesse et être adulé des milieux les plus élitistes du monde de l’art et de la mode, le street art devenant ainsi garantie totale d’une attitude cool et jeune sans pareil.
 
L’exposition fait donc la part belle entre ses murs aux plus grands noms des artistes de rues : des œuvres provocatrices de Jean-Michel Basquiat et Keith Haring, par exemple, rappellent l’importance de ces deux icônes new-yorkaises sur la scène artistique à cette époque. De nombreux collectifs (crews) sont également représentés, de San Francisco à Los Angeles en passant par Paris ou Sao Paulo. 
 
Il reste que la magie du graffiti réside dans son appréciation in situ, attente qu’aucun musée ne pourra malheureusement jamais combler. Pour pallier ce  manque,  l’exposition s’appuie sur tout un ensemble d’éléments (photographies, vidéos...)  et permet ainsi de mieux appréhender cet art complexe, authentique et total qui prend vie entre pamphlet et poésie.
 
Bérengère Chamboissier


10 juin 2010
Trouvé par harsard sur un blog...
                                                             

En juin dernier, la galerie Maison des Muses participait à l’Affordable Art Fair Paris (AAF).
Créé il y a 10 ans à Londres, ce grand rendez-vous marchand, point de rencontre des galeristes internationaux et des amateurs d’art, connaît depuis un relatif succès et a donné naissance à des éditions à Londres, New York, Bristol, Sydney, Melbourne, Bruxelles ou Amsterdam.
Voici un texte trouvé par hasard sur le blog d’un amateur d’art.
Merci de vos visites sur notre stand.


Vernissage AAF: le mini compte-rendu.
4 juin 2009 | Auteur: Bliss
Comme je vous le disais il y a 2 jours, je me suis rendue hier soir au vernissage de l’Affordable Art Fair, à l’Espace Champerret dans le 17è. Pour tout vous dire, j’avais légèrement la flemme de m’y rendre sachant que l’Espace Champerret est à l’autre bout de Paris par rapport à chez moi, mais ça valait largement le déplacement.

Force est de constater qu’on était vraiment hyper bien accueillis hier soir à l’AAF de Paris: coupes de champagne Nicolas Feuillate à volonté (qui n’ont pas acheté mon jugement, je vous rassure mouahahahah), glaces Magnum à foison pour nous rafraichir, wine bar, des magazines d’art et de design géniaux à récupérer de partout et surtout des stands vraiment très intéressants. [...]
J’ai passé un bout de soirée très sympa, à naviguer entre les stands, à découvrir des artistes contemporains résolument originaux. J’ai même eu quelques coups de cœur pour des œuvres présentées par certaines galeries, notamment la Maison des Muses qui est à Rueil-Malmaison et la galerie Envie d’art (qui est dans le 8è). Je les mets pour le moment de côté (les œuvres qui m’intéressaient étaient mises à prix entre 1000 et 2000€), mais je ne les oublie pas.

 

28 mai 2009
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    
> Elles@centrepompidou

du 27 mai 2009 au 24 mai 2010
Musée d’art moderne centre Pompidou

Le Musée National d’Art Moderne de Paris enrichit constamment ses collections sans que le public puisse véritablement jouir de ces fonds exceptionnels provenant de collectionneurs, d’artistes ou encore de divers musées. La densité et la qualité  des acquisitions du centre  Georges Pompidou a récemment  permis au musée de mettre en place,  et ce pour une année entière, une exposition conséquente placée sous le signe de la femme.  Ainsi, c’est tout l’accrochage des deux niveaux du musée qui a été ainsi remodelé et repensé pour faire la part belle au sexe dit « faible ». Le Musée d’Art Moderne, laboratoire artistique et avant-gardiste,  lieu d’échanges et d’ouverture, place  la « femme-artiste » et « l’artiste-femme » au-devant de la scène. Lumière sur « Elles ».

On peut en toute bonne foi être amené à se demander où donc « elles » se cachaient le reste du temps. Pourquoi attendre une rétrospective dans un grand musée national pour interroger la place des femmes dans l’art ? Pourquoi  les femmes ne sont-elles pas plus représentées et  reconnues dans l’histoire de l’art en tant que femmes, certes, mais aussi et surtout en tant qu’artistes, en individu non pas seulement  sexué mais aussi et surtout en tant que potentielle force créatrice ? L’exposition tente, autour de sept chapitres - «Pionnières», «Feu à volonté», «Corps slogan», «Eccentric abstraction» «Une chambre à soi», «Le mot à l’œuvre» et «Immatérielles» - , de poser quelques jalons dans un manifeste impartial, ni féminin ni féministe.
 
Des années de  conservatisme rampant mais prégnant  dans des sociétés aux relents  misogynes donnent à ces femmes un riche terreau et un champ de possibles infini pour repenser et redéfinir la femme et son statut. Ces femmes artistes, non pas muselées, loin de là,  mais pourtant privées de droit de cité  dans les musées,  ont créé, pensé et crié peut-être plus  violemment que leurs confrères masculins.  Être femme et artiste au XXème siècle n’en exige pas moins.
 
Louise Bourgeois, Nancy Spero, Agnès Thurnauer, Sophie Calle, Niki de Saint Phalle, toutes  témoignent de  ce qu’elles sont, de la difficulté intrinsèque d’être une femme et de se placer en tant que telle , de faire fi des statuts imposés et de se départir de certains poncifs enracinés dans les mentalités. Et à travers leurs peintures, photographies et autres  performances, ces artistes cherchent à donner aux femmes une place dans l’histoire de l’art et dans l’histoire tout court.
 
Beaucoup de force, d’humour et d’amour portent leurs œuvres. Elles se jouent des définitions théoriques et pratiques de la femme : femme objet de désirs, de fantasmes et de répulsions où se dessine l’enjeu que prend alors physiquement le corps devenant  sismographe érotique ; femme dominée ou femme dominante,  femme-enfant, femme-mère, femme-abstraite … autant de définitions possibles à une même terminologie.
 
 Une exposition qui fait sens donc à l’heure où parité et égalité des sexes n’est malheureusement  pas encore une cause gagnée d’avance. 
 
Bérengère Chamboissier


26 mars 2009
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Calder , les années parisiennes 1926-1933

Calder , les années parisiennes 1926-1933
Du 18 mars au 20 juillet 2009
Centre Pompidou
Place Gorges Pompidou
75004 Paris

Alexander Calder (1898-1976) un des plus grands sculpteurs du XXième, s’invite au centre Pompidou pour une petite mais admirable exposition du 18 mars au 20 juillet.

D’une formation première d’ingénieur, l’artiste américain a su au cours de son oeuvre mêler pure inventivité et techniques scientifiques pour donner vie à tout un univers métallique anthropomorphe léger et aérien.

Le fil de fer comme fil rouge on admire son cirque de métal. Si l’on connaît bien ses grands mobiles et stabiles que l’artiste réalisera plus tard ; c’est sur les premières années de création parisiennes (1926-1933) que le musée se penche.

Grâce à une intelligente muséographie et à l’aide de films et autres documents d’archives on plonge dans l’univers de l’artiste et dans l’originalité si ludique de ses portraits ou oeuvres de fer.

L’exposition met aussi en lumière les dernières limites figuratives de l’artiste et comment après une visite dans l’atelier de Mondrian l’artiste bascule pour toujours dans l’abstraction.

Bérengère Chamboissier

22 mars 2009
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Warhol, super star

Le Grand Monde d’Andy Warhol
du 18 mars - 13 juillet 2009
Galeries nationes du Grand Palais.
Champs Elysées

Double actualité pour le géant pop New Yorkais. En effet Warhol s’expose au Grand Palais et en parallèle à la Maison rouge.

Les deux expositions nous donnent à repenser l’impact de l’artiste sur la société et sur l’histoire de l’art.
L’icône contemporaine de la Factory se dévoile.
Derrière les sérigraphies d’un Mao ou l’image acidulée d’une Marylin tant vu et revu jusqu’à l’indigestion, qui était le dandy Andy ?
Utilisant des codes nouveaux dans l’art, il intègre dans celui-ci une vision commerciale "d’art-consommation" jamais vu jusqu’alors.
Il réalise dès les années 1985 des portraits sur commandes des grands de ce monde. Starlettes, politiques, artistes vont ainsi passer ainsi à la postérité, fixant leur égo sur la toile.

L’artiste institue ainsi des codes artistiques sans précédents ou l’aspect sériel voir quasi industriel est omniprésent.

L’artiste consomme l’art, encense le star system, le glamour, les starlettes et toute cette imagerie que l’on taxerait maintenant de people ou de bling bling.
La Maison Rouge, quant à elle, propose une exposition sur Warhol et la télévision, sur la connivence intime qu’entretenait l’artiste avec ce média, grand catalyseur de personnalité et outil idéal de promotion.
L’exposition est un grand florilège télévisuel de tout ces petits bouts d’images qui ont marqués et influencés Warhol
 
Bérengère Chamboissier


13 mars 2009
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Goya graveur

« Goya graveur » du 13 mars au 8 juin
Petit Palais,Musée des Beaux-arts de la ville de Paris.
Avenue Winston Churchill, 75008 Paris
01 53 43 40 00
http://www.petitpalais.paris.fr/

Si l’on connaît bien l’œuvre peinte du célèbre artiste espagnol Francisco Goya (1746-1828), on connaît cependant bien moins son travail en tant que graveur.

En effet, l’artiste va parallèlement à sa peinture produire tout au long de sa carrière une recherche sur la gravure, et ainsi livrer au public une toute autre vision de son œuvre.

A l’évidence, la gravure offre à Goya un regard plus personnel et plus introspectif sur le monde, loin des grandes toiles officielles réalisées pour la cour d’Espagne et Charles IV.

Le Petit Palais nous propose une exposition d’exception, s’articulant autour de 280 œuvres dont 210 estampes, issues des collections prestigieuses des frères Dutuit et du couturier Jacques Doucet.

Des balbutiements, premiers essais de gravure de l’artiste , où la très nette influence des maîtres Rembrandt et Vélazquez est frappante, on passe aux différentes séries où le graveur s’affirme. Le point fort de l’exposition repose sur plusieurs séries dont celle des « Caprices » . Goya nous propose ici une vision au vitriol des mœurs rigides et des travers de la haute société espagnole du XVIII ième siècle.

Dans « Les Désastres de la guerre » Goya relate les horreurs de la guerre franco-espagnole avec une incroyable liberté artistique autant par le fond que par la forme.

L’exposition traite enfin de l’influence majeure de l’œuvre gravée de Goya sur les artistes du XIX ième siècle comme Odilon Redon ou Eugène Delacroix et de son écho dans le romantisme et le symbolisme.

Une salle est réservée à l’explication des différentes techniques de gravure, chose bien utile pour les néophytes.

On reste touché par tant d’acuité et par l’aspect si novateur des gravures de Goya, où se révèle en creux l’artiste lucide et inspiré témoin de son temps.

Bérengère Chamboissier


7 mars 2009
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Louise Bourgeois à cœur ouvert

Louise Bourgeois du 5 Mars au 2 Juin
au MNAM Centre Pompidou
http://www.centrepompidou.fr/

Il est des artistes qui touchent au plus profond et transcendent la réalité des choses, parce que vraies et sincères sont leurs œuvres. Louise Bourgeois est une de ces artistes-là. Bientôt centenaire mais plus que jamais d’actualité, née en 1911, inclassable, furieusement contemporaine, Louise Bourgeois fascine et détonne.

Le MNAM Centre Pompidou nous propose en partenariat avec la Tate Modern de Londres une rétrospective passionnante de plus de 200 œuvres de 1940 à 2007 sur l’artiste majeure du XXème siècle qui a su pendant près de 60 ans de carrière renouveler sans relâche ses techniques et ses médiums pour explorer jusqu’au tréfond ses maux et ses tripes et mieux les sublimer.

L’exposition fait la part belle aux sculptures en plâtre, marbre et latex mais aussi aux dessins et peintures qui viennent intelligemment alimenter le propos de l’artiste. Oscillant entre figuration et abstraction, utilisant toutes les techniques, peu importe, Louise Bourgeois exprime simplement ses émotions comme elle les vit.

Art-thérapie où ses sculptures et ses œuvres agissent comme un exorcisme à toutes ses angoisses.

Artiste protéiforme de l’intime, elle œuvre seule à son salut.
L’œuvre de Louise Bourgeois prend racine dès son enfance où petite elle vit les « dramelets » familiaux, les trahisons adultérines du père et la douleur silencieuse de la mère. Sa souffrance entière et larvée est déjà la matrice de son travail postérieure.

Pour Louise Bourgeois être artiste et communiquer à travers ses sculptures est une nécessité vitale pour ne pas souffrir, tomber dans la dépression et la peur, elle lutte en exorcisant perpétuellement.

Son œuvre est cathartique.

Mais l’artiste n’explore pas que ça, de ces thèmes, la déclinaison se fait à l’infini.

Femme tourmentée et questionnée sur sa condition elle cherche à comprendre le statut de la femme de façon récurrente : une femme est-elle ou peut-elle être un objet ? Comment une femme est-elle aimée ? Comment une femme est une mère, elle questionne sur le positionnement complexe du féminin et de toutes les questions qui en font sa nature et sa définition même : grossesse, maternité, sexualité.

Le corps est très présent dans l’œuvre de Louise Bourgeois, entier ou sectionné, aimé ou détesté : bras, jambes, seins, sexes, et corps acéphales sont détruits pour mieux être reconstruit, pour mieux se reconstruire.

Tout dans son travail est miroir : le thème de la maternité, du foyer interroge tacitement sur le rapport au mari, à la figure de l’homme, à la sexualité, au père. Les thématiques se questionnent se répondent et puisent l’une dans l’autre de façon cyclique et récurrente.

L’œuvre de Louise Bourgeois est d’une richesse inouïe et interpelle profondément : on reste ému par une telle créativité à travers tant de douleurs.

«Art is a guaranty of sanity » (l’art est une garantie de santé mentale), dit-elle : on ne la croit que trop bien.

Bérengère Chamboissier


3 juin 2009
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Les soldats de l’éternité

Pinacothèque de Paris, jusqu’au 14 septembre
28 Place de la Madeleine
75008 Paris

La Pinacothèque nous offre pour la première fois à Paris, après le British Museum de Londres, une rétrospective d’ampleur sur ce qui fut une des plus grandes découvertes archéologiques de notre siècle : l’univers grandiose et mégalomaniaque du premier empereur de la dynastie Qin, Qi Shihuangdi .

Celui-ci ne régna qu’une dizaine d’années mais marqua au fer rouge le visage de la Chine. Il transforma ce qui n’était qu’une mosaïque de royaume en un seul et unique empire, initiant ainsi une politique expansionniste de conquête dont la Chine porte encore l’empreinte.

C’est ainsi que cet empereur décida d’installer son tombeau, mausolée aux proportions faramineuses, au milieu des montagnes du Shaanxi, et d’en faire une véritable cité enfouie sous terre.

Découverte en 1974 par des paysans alors qu’ils creusaient un puits, la nécropole de Qi Shihuangdi met à jour tout un ensemble d’objets ainsi que plus de 7000 statues façonnées il y a plus deux millénaires.

Avec subtilité, l’exposition met donc en parallèle les fondements de cette dynastie Qin grâce aux objets fondateurs de cette société cherchant l’unification sociale et religieuse ( pièces, cloches, monuments architecturaux…) et les pièces de la nécropole, point d’orgue de l’exposition.

Le gigantisme frappe derechef dans ces soldats de terre qui, représentés à taille humaine, nous toisent de toute leur splendeur.

Réalisés en terre cuite et polychromés (malheureusement la grande majorité des statues ont perdu leur couleur originelle par une excavation trop rapide et peu précautionneuse), accompagnés de chars, armes et chevaux, ils demeurent les protecteurs martiaux de l’empereur.

Ce qui est fascinant dans ses personnages est cette illusion de vie, ce réalisme si prégnant dans chaque visage, cette remarquable diversité des traits : seuls deux ou trois des sept mille soldats se ressembleraient, dit-on. Les historiens pensent qu’il aurait fallu près de six mille hommes pour donner vie à cette nécropole gigantesque.

On peut enfin saisir à travers cette exposition tout l’impact et la grandeur d’une civilisation trop peu connue du grand public.

Bérengère Chamboissier

 

25 novembre 2008
La sculpture au Zimbabwe
                                       
> La sculpture au Zimbabwe


La galerie Maison des Muses vient d’acquérir trois petites sculptures en stéatite,  issues d’un collectif de jeunes artistes du Zimbabwe. Elles sont visibles dans le catalogue en ligne.

La sculpture contemporaine au Zimbabwe est un mouvement artistique récent et très dynamique.
Malgré les difficultés politiques et économiques inhérentes au pays, le Zimbabwe a su faire preuve d’un art de la statuaire en perpétuelle évolution et à la renommée mondiale.

Dans un pays comme l’Afrique où la sculpture est souveraine, le Zimbabwe n’a cependant pas connu la statuaire traditionnelle ancienne. Durant une période de sept siècles au Zimbabwe le domaine de création se limitant à l’expression orale : chants, mythes et récits.

Né à la fin des années cinquante d’une expérience menée par un britannique passionné d’art, Frank Mc Ewen, ami et promoteur de Picasso, Henry Moore, et Matisse et du besoin d’expression culturelle d’un peuple en manque d’identité artistique, ce mouvement a été salué comme un « renouveau de l’art noir » .

Aujourd’hui, certains artistes du Zimbabwe (Fanizani Akuda ou Colleen Madamombe par exemple) sont mondialement connus et reconnus. Exposés au Musée Rodin, au MoMa de New York ou encore à la Biennale de Venise ces sculpteurs sur pierre ont ouvert une nouvelle voie à la sculpture contemporaine.

L’un des facteurs prépondérants dans l’éclosion de talents aussi différents et originaux est l’absence de références artistiques ou plastiques, traditionnelles comme occidentales, permettant une liberté de formes assez rare par ailleurs en Afrique, un art affranchi de tout modèle ou académisme, en pleine possession d ’un véritable champ artistique.

Un autre élément important est l’exploitation de minéraux comme la stéatite, la spring stone ou encore et surtout la serpentine, pierre semi-précieuse dont le Zimbabwe possède des réserves uniques au monde. Cette roche peut avoir différentes couleurs, du noir au vert ou jaune vif, suivant son emplacement. La prise en compte de la texture de la pierre, de sa rugosité, dans un "dialogue" avec le matériau est une autre caractéristique de la singularité de ce mouvement.

Depuis quelques années, la seconde génération d’artistes zimbabwéens tient à être présentée comme plusieurs individualités distinctes, au parcours et au style singuliers. Cette nouvelle génération aborde directement des problèmes universels tels que l’engagement de la femme dans des domaines « réservés aux hommes » (Colleen Madamombe), la difficulté du statut d’artiste contemporain en Afrique, la solidarité de la cellule familiale (Fanizani Akuda) l’échec de l’ONU au Rwanda (Tapfuma Gutsa), le Sida (Zephania Tshuma), et encore bien d’autres enjeux politiques et sociaux africains.
Un art d’aujourd’hui et de demain en somme.

10 septembre 2008
La dinanderie,
qu’est-ce que c’est ?
                                       
La dinanderie

La dinanderie est une technique et un art qui prend naissance dès le Moyen-âge, aux alentours du XVe siècle, principalement à Dinant en Belgique (d’où la technique tire son nom).

Le terme « dinanderie » désigne donc à l’origine les ustensiles de cuivres jaunes, réalisés à Dinant.

C’est aussi une technique fondamentale dans l’art liturgique médiéval où l’utilisation du métal pour les châsses, calices et autres objets sacrés était permanent et souvent accompagné d’émaux.
Par extension, "dinanderie" est devenue l’appellation pour le travail du métal et de tous ses alliages (cuivre, étain, laiton, argent)

Différents procédés et techniques sont utilisés.

La première étape de la dinanderie consiste en la fonte du métal et en son martelage.
La « retreinte » ou « emboutissage » consiste à donner la forme, matrice première de la pièce : l’artisan avec un marteau déforme et forme la pièce du métal sur la « salière » (forme plus ou moins creuse)

La rétreinte donne à la pièce une forme verticale si besoin est.

Ensuite le sous-planage vient rendre à la forme un aspect plus fini présentant moins d’aspérités et d’irrégularités, il vient en quelque sorte dégrossir la pièce.

Enfin le planage termine la mise en forme et prodigue l’aspect lisse de l’œuvre.

D’une fonction très utilitaire anciennement, la dinanderie a su acquérir au cours du temps ses lettres de noblesse et devenir un médium artistique à part entière.

Aujourd’hui nombre d’artistes s’essayent à la dinanderie en créant des pièces uniques : luminaires, miroirs ou autres, alliant la force du métal et la beauté d’une ligne créatrice unique.


20 avril 2008
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Marie-Antoinette s’expose aux Galeries Nationales du Grand Palais

« Marie Antoinette » du 15 mars au 30 juin 2008.

Galeries Nationales du Grand Palais, square Jean Perrin
75008 Paris
01.44.13.17.60

Marie-Antoinette demeure depuis toujours un véritable mythe. Sujet de controverses, vilipendée ou encensée, la reine de France reste pour beaucoup un personnage mystérieux au parcours chaotique.

Mais qui était-elle vraiment ? De la jeune impératrice d’Autriche à la majestueuse reine de France, du palais de Schonbrunn à la Galerie des Glaces, de la Conciergerie à l’échafaud, l’exposition tente avec justesse et impartialité de comprendre ce personnage paradoxal et contradictoire, sans tomber dans l’écueil d’une angélisation ou d’une diabolisation excessive.

Les commissaires d’exposition Pierre Arizzoli-Clémentel et Xavier Salmon sont avant tout partis d’un point de vue scientifique et historique. La scénographie de Robert Carsen, metteur en scène d’opéra, confère une note lyrique et théâtrale à chaque salle, une valeur ajoutée certaine.

L’exposition rassemble plus de 300 pièces d’une qualité exceptionnelle, provenant des musées de l’Europe entière.

Les services en porcelaine de Sèvres, l’époustouflant secrétaire en nacre de Jean Henri Riesener, ébéniste officiel de la reine, ou encore les portraits de la reine par Elisabeth Vigée-Le Brun viennent redonner vie à l’existence royale de la jeune femme et aux fastes insensés du XVIII ème siècle.

On déambule ainsi chronologiquement dans ce que fut la vie de Marie-Antoinette, lui tenant la main, de ses débuts merveilleux jusqu’à sa fin tragique. De la lumière à l’ombre, il semble n’y avoir qu’un pas.

Bérengère Chamboissier
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17 avril 2008
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Un siècle de jazz au quai Branly

C’est une exposition transversale et très originale qui s’expose au Quai Branly. Sur le thème on ne peut plus vaste et général que le jazz, le musée relève avec brio le défi de mettre en corrélation l’art et la musique. Articulé autour de prés de 2000 oeuvres aussi diverses que variés, l’opus muséal cherche à valoriser tout un corpus d’oeuvres et d’artistes inspirés par le jazz. Peinture, sculpture, films sont ainsi exposés. Ou comment soudainement les ponts et la réciprocité entre les arts se fait évidence.
Bérengère Chamboissier

Le jazz au Quai Branly
Jusqu’au 28 juin
musée du quai Branly
37, quai Branly
75007 Paris
Tél : 01 56 61 70 00


10 avril 2008
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Camille Claudel

Le Musée Rodin nous propose de découvrir ou de redécouvrir du 15 avril au 20 juillet la quasi-totalité de l’œuvre de Camille Claudel.

Les affres de sa passion avec Rodin, sa difficulté à percer et à être reconnue, sa folie et sa fin tragique autant de choses qui ont fait de Camille Claudel un mythe, une héroïne shakespearienne plus qu’une artiste à part entière.

Il est justice de rendre hommage à l’artiste et non à l’image médiatique, de la comprendre et de l’apprécier à sa juste valeur, au travers de ses sculptures pour mieux voir et comprendre sa singularité et son immense talent, trop longtemps délaissé et tombé dans l’oubli.

L’exposition lui redonne la place qu’elle mérite dans l’histoire de l’art et dans l’histoire de la sculpture du XXième siècle.

L’exposition se structure par un parcours chronologique. On commence par ses premiers dessins de famille et ses premiers essais à des sculptures de la première maturité,tel que Clotho ou la Valse morceau de bravoure décliné sur cinq pièces ou un couple amoureux s’enlaçant change par des infimes subtilités à peine perceptible.

Il est frappant de voir que tout au long de sa carrière Camille Claudel ne s’intéressera qu’à la figure humaine n’accordant aucune espèce d’importance à d’autres sujets. Rendant avec force et intensité l’être humain et les méandres de son âme. Ces sculptures d’un réalisme sans concessions sont très axées sur l’importance de l’expression et du caractère, leçon apprise de Rodin.

L’exposition fait la part belle aux pièces phares comme Sakuntala , un marbre de 1905 de très grande taille, œuvre symboliste et narrative tiré d’une légende indienne ou encore L a vague de1897 en onyx et en bronze manifeste d’art nouveau et du Japonisme naissant.

Petite biographie sur Camille Claudel :
Née en 1864 dans une modeste famille, sœur du célèbre poète Paul, Camille se trouve très jeune une disposition pour la sculpture et la peinture. Dès son plus jeune âge elle travaille beaucoup, faisant fit des conventions à une époque ou les académies n’ étaient pas réservées aux femmes . Originaire de l’Aisne elle fait déménager sa famille à Paris pour mieux se réaliser.

En 1884 elle rentre dans l’atelier de Rodin, qui la fait travailler ardemment étant convaincu de son réel talent. C’est une période intense de formation et de création pour Camille Claudel qui s’essaye à rentrer au Salon, répond a des premières commandes et travaille des journées entières quitte à s’en rendre malade.

Elle apprend ainsi à maîtriser le profil, l’intensité du vivant dans chacune de ses œuvres, mais aussi les pieds et les mains sacerdoce pour tout sculpteur, qu’elle réalisera avec brio.

Dès le début des années 1900 les recherches de l’artiste prennent une voie différente, elle essaie de croquer des petites choses de l’ordinaire leur donnant un sens plus intemporel ou universel.

A cette même époque elle traverse de graves difficultés financières, certaines de ses pièces étant refusées par l’état et n’étant ainsi jamais fondues. Sa santé mentale s’altère assez rapidement à cette période là, profondément touchée par sa relation passionnelle avec Rodin, qui ne quitta jamais sa femme pour elle et vivant misérablement du peu de commandes qu’on lui passe.

L’année 1913 sonne le glas de sa carrière, son père décède la plongeant irrémédiablement dans la folie et une solitude totale. Souffrant de paranoïa aigue on l’interne à Neuilly sur Marne d’où on la transfert pendant la guerre à l’asile Montdevergues dans le Vaucluse ou elle passera recluse les trente dernières années de sa vie sans toucher un crayon ou une motte de terre. Elle décède en 1943.

Bérengère Chamboissier

Camille Claudel, jusqu’au 20 Juillet,
du mardi au dimanche.
Musée Rodin,
79, Rue de Varenne
75007 Paris
www.muser-rodin.fr


16 avril 2008
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Babylone

« Babylone » du 14 mars au 2 Juin.
Hall Napoléon, entrée carrousel du Louvre,75001 Paris
01 40 20 53 17
 

Le Louvre nous propose actuellement une fabuleuse plongée dans l’histoire de la Babylone Irakienne et nous fait découvrir à travers un parcours grandiose ce qui se cache derrière le mythe.

Car en effet depuis toujours Babylone fascine, questionne, intrigue. Façonnée par une myriade de légendes bibliques et de fantasmes colportés par les voyageurs, la ville retrouve par cette exposition sa légitimité historique. Confrontation saisissante entre le mythe et la réalité.

Par une somme conséquente d’objets et de pièces venues du monde entier (British Museum, Musées nationaux de Berlin) le Louvre reconstruit la réalité historique de Babylone de salle en salle, oubliant la fable et nous offrant une rétrospective d’envergure, encore jamais menée pour Babylone.

Nous pouvons voir des papyrus, tablettes cunéiformes, tableaux, objets d’art et objets usuels. Une des pièces clé de l’exposition est sûrement le code d’Hamurabi ,majestueuse pièce en basalte et premier code de justice de la ville.

De même sont présentés des morceaux des portes du palais d’Ishtar, d’un bleu qui semble avoir traversé les âges, qui viennent aussi alimenter la splendeur des pièces exposées.

Nabuchodonosor, les jardins suspendus, Ishtar ou encore la tour de Babel autant de mots nimbés de mystère qui peu à peu tissent des liens et s’incarnent.

Il est fascinant de voir comment depuis quatre mille ans la ville a pu inspirer autant d’hommes de sciences, d’artistes, d’archéologues, de peintres et comment ils ont su interpréter la ville . L’héritage culturel de Babylone, trop longtemps occulté, fut fondamental dans les cultures antiques et il n’est que justice que de lui rendre hommage.
Bérengère Chamboissier


13 avril 2008
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> David La Chapelle

La monnaie de Paris expose jusqu’au 31 mai le sulfureux et très tendance photographe David La Chapelle pour une rétrospective de conséquence car jamais égalée en France. S’en suit une série de 200 clichés ou tout les thèmes chers au photographe sont là : perversité, sexualité, bimbos glamour , acteurs américains, esthétique religieuse transgressive porno-chic bref un medley relativement exhaustif de l’oeuvre de l’artiste.
Bérengère Chamboissier

David la Chapelle
Jusqu’au 31 mai
MONNAIE DE PARIS

11, quai de Conti - 75006 Paris
Tél. : + 33 (0)1 40 46 56 66


3 mars 2008
Exposition conseillée
par Maison des Muses

                                    

> Giorgio de Chirico, la Fabrique des rêves

Le musée d’art moderne de Paris expose les toiles de l’artiste italien surréaliste De Chirico. Le premier temps est dévolu aux toiles de l’imaginaire et de l’onirisme qui ont fait le succés de l’artiste avec toute l’imagerie connue (mannequins, couleurs virulentes, perspectives sans fins et architectures esseulées). On passe au second temps de carrière de l’artiste où il opte pour une rupture franche avec le surréalisme et André Breton empruntant ainsi une voie plus singulière et difficilement cernable où il reprend et imite les grands de l’histoire de l’art. Un artiste libre en somme.
Bérengère Chamboissier

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
Jusqu’au 24 mai

11 avenue du Président Wilson
75116 Paris
Tél : 01 53 67 40 00
http://www.mam.paris.fr/

Galerie d’art MAISON DES MUSES
10-12 Bd. du Marechal Foch | 92 500 Rueil-Malmaison | FRANCE
Tél. : +33 (0)1 47 08 22 16
contact@maisondesmuses.com